Par des événements publics in situ et des ateliers avec un groupe de citoyen·ne·s tirés au sort, le projet lauréat du Parc Perdtemps issu des Mandats d’Étude Parallèles a été défini de manière transparente et participative. Première expérience du genre en Suisse romande, cette démarche a influencé le programme du concours et posé les bases de la méthode MiniPublic En Commun, depuis déployée dans d’autres communes.
MANDANT
Ville de Nyon
Anne-Lise Jacquet, Thierry Bruttin
PARTENAIRES
Urbaplan
Igor Andersen, Bruno Maréchal
DURÉE
Février 2018 - Septembre 2019
LIEU
Place Perdtemps, Nyon
INTERVENTIONS
Démarche participative combinée à une procédure de Mandats d'étude parallèles (SIA 143)
ÉTAPES CLÉS
Mobilisation
Dialogue
Transmission
SITE INTERNET
ÉQUIPE
Julien Ineichen, Louis Méjean, Romain Gallart, Alice Lancien, Sylvia Ramos Guerreiro, Lucien Bidaud, Anne Skouvalkis, Pierre Cauderay.
DESCRIPTION
Description
La démarche participative pour le réaménagement de la place Perdtemps à Nyon, développée conjointement avec Urbaplan en charge du MEP et le Service urbanisme de la Ville de Nyon, constitue en 2018–2019 une première en Suisse romande : c'est la première fois qu'une participation citoyenne inclusive est combinée de manière aussi structurée à un concours de type Mandats d'étude parallèles (SIA 143).
Constitution du groupement citoyen
Trois journées d'ateliers in situ — dont un chantier participatif de mobilier urbain et un repas collectif sur la place — ont permis de mobiliser les habitant·e·s dans leur diversité et de recueillir plus de 70 candidatures. Les 20 citoyen·ne·s du groupement ont été tirés au sort parmi ces candidats, complétés par 20 membres représentant les acteurs locaux. Des interventions spécifiques ont visé les publics habituellement absents des démarches participatives.
Un impact direct sur le programme du concours
Lors du premier atelier consacré au cahier des charges — organisé à l'occasion de la visite de site du MEP, en présence des neuf équipes de conception — le programme prévoyait initialement un volet de logements important, envisagé pour assurer la viabilité économique du projet. Cette orientation a suscité une opposition forte et argumentée du groupement citoyen. La recommandation de retirer ce programme a été transmise au Collège d'experts, qui l'a validée. Ce retrait a probablement prévenu une mobilisation publique contre le projet. (voir article Espazium)
C'est au contact des propositions de l'équipe Paysagestion que le groupement citoyen a pris conscience de l'enjeu de la pleine terre : seule condition permettant à de véritables arbres de se développer durablement. Le groupement a transmis cette recommandation au Collège d'experts, qui l'a intégrée dans ses critères d'évaluation. Lors du troisième degré, le Collège a même suggéré aux équipes de renoncer à implanter le parking sous le parc pour privilégier une construction compacte et économique — illustrant comment les recommandations citoyennes s'articulent avec les contraintes techniques dans les arbitrages finaux.
Deux membres du groupement citoyen ont siégé au Collège d'experts avec droit de vote, participant à la sélection du projet lauréat.
Restitution et transmission
À l'issue du processus, la Ville de Nyon a assuré la restitution publique et a mobilisé l'une des ambassadrices du groupement citoyen, Laure Lecuyer, pour porter publiquement le projet et témoigner de la procédure qui l'a accompagné — incarnant ainsi le rôle de relais entre le processus délibératif et la population.
Le projet depuis 2019 — ce que nous suivons
Le projet "Pleine terre" a connu des évolutions significatives depuis le MEP. La Ville de Nyon a poursuivi des démarches participatives à chaque étape du développement du projet, mobilisant notamment des ancien·ne·s membres du groupement citoyen pour assurer la continuité du lien entre le processus initial et les phases suivantes.
En 2023, face à des changements réglementaires liés au patrimoine bâti et naturel et à des contraintes budgétaires, la Municipalité a validé une simplification du projet, tout en conservant son essence : un vaste parc urbain arboré et un parking souterrain (voir Nyon). La galerie commerciale, les pavillons et la médiathèque initialement prévus ont été retirés du programme — recoupant rétrospectivement la position du groupement citoyen de 2018-19 sur le programme bâti.
La question de la pleine terre, centrale dans les recommandations du groupement citoyen, reste quant à elle à l'étude dans le cadre de la version simplifiée du projet, la recherche d'économies pouvant conduire à des ajustements de positionnement du parking. Selon le calendrier prévisionnel, le premier coup de pioche est prévu en 2028 (voir 24 heures)
Ce suivi dans la durée illustre une caractéristique des projets complexes : les recommandations citoyennes issues d'un MiniPublic ne s'épuisent pas à la fin du concours — elles continuent à peser dans les arbitrages à mesure que le projet évolue.